Moods By Moch

06 juin 2012

iPhonographie

Lorsque le smartphone prend le pas sur l'appareil photo.

iphonographie
Nous sommes entrés de plain-pied dans l'ère de la communication mobile, nous sommes connectés H24 et utilisons de plus en plus le smartphone par rapport aux autres technologies de la communication comme le PC portable, le téléphone ou la vieille tour de pc qui se vend de moins en moins. L'on développe une relation plus intime avec son smartphone que ce ne fut le cas avec le pc ou avec le téléphone portable classique; les ventes de ces derniers sont d'ailleurs en légère chute (-2%) alors que celles des téléphones dits intelligents explosent (+44%) sur le premier trimestre de 2012. Il s'est vendu, depuis le 1er janvier dernier et à travers le monde 419 millions de smartphones(1). Aujourd'hui, les besoins de d'appartenance, d'estime et de réalisation de soi (cf la Pyramide de Maslow) peuvent être assouvis par le biais d'un smartphone qui permet de communiquer, d'appartenir à une communauté. Ces appareils sophistiqués permettent, par le biais des nombreuses applications qui y sont liées, de se situer ou de se diriger, de s'informer, de payer, de photographier, d'échanger, de jouer, de lire, de partager... bref d'exister dans l'époque de médias et de communication qui est la nôtre. L'une des fonctions les plus utilisées des smartphones est la photographie. Où que l'on soit, l'on peut se prendre en photo et publier directement sur ses médias sociaux. Il faut dire qu'avec l'évolution technologiques, les appareils photographiques intégrés aux smartphones sont de plus en plus performants et disposent de définitions de plus en plus pointues (8 millions de pixels pour l'iPhone 4S  ou le Samsung Galaxy S3 et l'on évoque même 12 millions de pixels pour les prochains modèles), de quoi faire des photos de très bonne qualité.


Evidemment, il n'en fallait pas plus pour que naissent le néologisme iPhonographie, contraction de iPhone et de photographie,  qui désigne le fait de prendre des photos avec une smartphone, que ce soit un iPhone ou pas. Pour être un iPhonographe, il s'agit en outre de traiter directement les photos réalisées sur son smartphone, à l'aide des applications qui existent pour le traitement d'images. D'aucuns ajoutent même comme critère essentiel le fait de publier les résultats directement sur les médias sociaux créant ainsi une notion de réactivité immédiate nécessairement liée à la communication mobile et aux médias sociaux. L'iPhonographie fait de plus en plus d'émules à un point tel que l'on ne parle déjà plus d'un effet de mode mais bien d'une évolution de la photographie, dans le même ordre d'idées que l'évolution qui fit passer le 8è art de l'argentique au numérique. Les expositions iPhonographiques se multiplient et l'on voit apparaitre de véritables artistes de cette technique (ndlr l'exposition La Matière du Pixel signée Serge Barès, en février dernier à Bagneux, à mis en évidence le travail remarquable que l'on peut faire avec des smartphones). L'une des caractéristiques majeures de l'iPhonographie est que les images réalisées sont très souvent carrées ce qui donne un cadre différent par rapport aux photographies traditionnelles qui sont, la plupart du temps, tirées dans un format rectangulaire 3/2. Un cadre différent donc un regard différent et une perception différente... L'iPhonographie permet, cependant, le choix de plusieurs formats comme 4/3, le 3/2 ou le 16/9è selon les applications choisies pour travailler. Car pour être iPhonographe, il faut choisir ses outils, les applications de traitement d'images en l'occurrence. Parmi les plus efficaces pointons, sous Android, Drawtools et surtout Vignette tandis que sous IOS on signalera Procamera, Hipstamatic ou Magic Shutter. Instagram, disponible sous Android et sous IOS, est occupé à s'installer (plus de 30 millions d'utilisateurs) et à devenir une référence grâce à sa simplicité d'utilisation à mi-chemin entre Facebook et un logiciel classique de retouche de photos. Toutes ces applications permettent à l'iPhonographe de jouer sur les cadrages, sur le rendu et sur les effets afin de créer des réalisations qui, dans les mains d'un utilisateur doté d'un peu de créativité et de sens artistique, n'ont rien à envier à celles de la photographie "traditionnelle".

Petit à petit, et même s'il restera toujours des photographes fidèles à leur appareil reflex (c'est d'ailleurs fondamentalement nécessaire) comme il en reste qui privilégient aujourd'hui encore le reflex argentique au réflex numérique, l'iPhonographie est en train de prendre le pas sur la photographie. Certes, la photographie a encore de très beaux jours devant elle mais la facilité liée au smartphone que l'on a toujours sur soi (des études montrent que l'on est plus enclins à retourner chercher son smartphone à la maison si on l'a oublié plutôt que sa montre voire même ses clés) contrairement à un appareil photo et la réactivité que cela permet (la photo peut être diffusée et donc "exposée" dans les minutes qui suivent) dirigeront de plus en plus les comportements de consommation vers l'achat d'un smartphone avec un bon appareil photo intégré plutôt que vers un smartphone et un appareil photo qui, au demeurant, coûteront plus chers à l'achat. D'ailleurs, les ventes d'appareils photos reflex et compact commencent à partir à la baisse; en France il s'en est vendu quelque 5% en moins par rapport à 2010(2).

L'iPhonographie est-elle de la photographie ?

Bien entendu, l'iPhonographie a ses détracteurs, notamment parmi les photographes, qui la définissent comme de la "sous-photographie". C'est assez réducteur en ce sens qu'il est possible d'avoir un résultat de qualité égale ou supérieure à la photographie par le biais d'un smartphone. La photographie a fortement évolué depuis ses débuts, le matériel a changé, s'est adapté, et l'iPhonographie n'est jamais qu'une suite logique liée aux nouvelles technologies. En fait, l'iPhonographie n'est pas une révolution, c'est juste une évolution. Tant avec un appareil photo reflex qu'avec un compact ou avec un smartphone, le résultat final est une image arrêtée, une image fixe, dont la qualité dépend avant tout du photographe, de sa vision, du cadrage qu'il en fait et du rendu qu'il parvient à donner. Pour certains, l'image iPhonographique étant systématiquement retouchée, elle ne s'apparente plus à de la photographie, c'est tout aussi réducteur de penser cela car depuis la nuit des temps photographiques les images ont été retouchées d'une manière ou d'une autre. Je n'évoque pas seulement PhotoShop ou ses dérivés mais bien des retouches qui étaient déjà apportées sur les daguerréotypes au 19è siècle pour faire briller davantage les bijoux ou pour faire ressortir les paysages. De très grands photographes, Man Ray en tête (rappelons-nous du Violon d'Ingres, en 1924, cette magnifique photo avec un corps de femme vu de dos sur lequel ont été rajoutées par surimpression les ouïes d'un violon), ont eu recours à la retouche photographique.

L'iPhonographie est un courant photographique, ce n'est certainement pas une "sous-photographie". Un courant qui se prête davantage à la photographie urbaine, à l'instantané, la capture de moments du quotidien mais un courant à part entière. Par ailleurs, la prise de vue avec un smartphone développe certaines qualités utiles à tous photographes. Avec l'habitude d'avoir son smartphone toujours à proximité se met en place une espèce d'observation naturelle, une recherche de l'instant à saisir. Ensuite, l'iPhonographe se met à chercher une composition d'image, un angle de prise de vue voire un effet... il réfléchit à la construction de son image, il met en place une vraie démarche de photographe. Alors oui l'on peut dire sans hésiter que l'iPhonographie est de la photographie !

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(1) Explosion de la vente des smartphones, par AFP on rtl.be, 16 mai 2012
(2) Les ventes de compacts et de reflex sont en baisse, on generation-nt.com, 11 octobre 2011

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08 octobre 2011

Simenon et Maigret se mettent à table

Dans le cadre de La Fureur de Lire et à la demande de mon amie Danielle Dalla Vecchia, Responsable de la Bibliothèque de Visé, j'exposerai quelques photos thématiques "Sur les traces de Simenon" à la Bibliothèque Communale de Visé, au Centre Culturel de Visé (rue du Collège, 31 - 4600 Visé).

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Plus d'infos => Maison du Tourisme de la Basse-Meuse ou Bibliothèque de Visé

En partenariat avec la Bibliothèque des Chiroux et le centre Culturel de Visé

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14 septembre 2011

Où est donc le pendu ?

Où donc est le pendu 01

L'Eglise Saint-Pholien, dans le quartier d'Outremeuse, à Liège, date du 12è siècle mais elle fut détruite à plusieurs reprises dont la dernière fois au début du 20è siècle, en 1910, pour... permettre la création d'un nouveau plan de voirie. On est bien à Liège ! L'architecte renommé Edmond Jaspar la reconstruisit dans un style néogothique avec trois nefs, un transept et une abside à trois pans. L'église Saint-Pholien est passée à la postérité grâce au roman de Georges Simenon "Le Pendu de Saint-Pholien" (1931).

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10 septembre 2011

Mews

Mews, London

Une image typique de Londres ! Tout ceux qui connaissent bien la capitale anglaise - qui la connaissent en dehors des circuits touristiques - connaissent aussi les mews. Il s'agit d'anciennes étables qui ont été transformées en petites maisons d'habitation, souvent très colorées. A l'origine, au 18è siècle, ces étables étaient construites à l'arrière des maisons bourgeoises et servaient à abriter les chevaux et les calèches. Ces constructions étaient donc au calme, à l'abri des rues principales. Elles ont perdu leur utilité au début du 20è siècle avec l'apparition des premières automobiles. Elles ont été réhabilitées en maison d'habitations. Depuis une quarantaine d'années, les Londoniens se battent pour acquérir un mews (ndlr le mot mews est toujours au pluriels, ces sont les écuries); en effet ces petites habitations urbaines sont un véritable ilôt de calme au sein de la grande ville. Avec leurs petites rues de coblestones, leurs couleurs vives et les espaces de plantations, l'on pourrait se croire dans une ruelle de petit village du Devon... Et pourtant, les mews sont à Belgravia, à Mayfair, à Camden ou à Paddington, bref en plein coeur de Londres !

 

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07 septembre 2011

La Tour de Galata

Galata Tower 05 - depuis Galate Bridge

Construite au 14è siècle par les Génois qui occupaient alors la partie nord de la Corne d'Or, la Tour de Galata - aussi appelée Tour du Christ - est haute de 67 mètres. Elle fut successivement tour de guêt des remparts de Galata, Prison et enfin tour d'observation astronomique. Selon une légende turque tenace, au 17è siècle, le savant érudit Ahmed Celebi, dit Hezarfen (Le puit de Sciences), s'envola, avec des ailes de sa fabrication, du sommet de la Tour de Galata pour atterrir sur la rive asiatique du Bosphore, soit un vol de plusieurs centaines de mètres. Le Sultan Murat IV qui observa cet exploit depuis son palais de Topkapi fit quérir Celibi et lui offrit une bourse pleine de pièces d'or. Mais, quelques jours plus tard, après avoir réfléchi, le Sultan décida de l'exil en Algérie,d'Hezarfen car, si celui-ci était capable de voler d'une rive à l'autre du Bosphore, il pourrait accomplir toutes les choses qu'il souhaitait et pouvait, donc, devenir une menace pour le Sultan...

Un certain Hezarfen Ahmed Celebi, originaire de Constantinople, est bien mort en Algérie à la fin du 17è siècle... nul ne sait s'il avait réellement accompli ce vol extraordinaire et s'il fut le précurseur de l'aviation ou si cette histoire n'est qu'une légende.

Quoi qu'il en soit,  quatre siècle plus tard, la Tour de Galata domine toujours le quartier de Beyoglu. Elle offre aujourd'hui une vue panoramique à 360° sur Istanbul et le Bosphore.

 

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02 septembre 2011

Le sauveur du Prohète

Chats 01

Ce qui m'a surpris le plus, à Istanbul, ce sont ces dizaines de chats que l'on voit dans les rues. Il y en a partout et ils sont, la plupart du temps, très beaux et plutôt dodus. Les Stambouliotes vivent avec ses chats, les nourissent et ils font réellement partie du décors. Alors que je métonnais de cette profusion féline, un stambouliote m'expliqua que les chats sont protégés en Turquie car, selon la légende, un chat sauva le Prophète qui était menacé par un serpent. Depuis, selon la sagesse populaire tout musulman qui tue un chat, ou qui le laisse mourir, doit bâtir une mosquée pour se faire pardonner de Dieu ! Voila pourquoi les chats sont si nombreux à Istanbul.

Pour l'anecdote, selon un conte du folklore musulman, le Prophète trouva un soir un chat endormi sur son manteau. Plutôt que de déranger le chat pour récupérer son manteau, il décida de couper le morceau d'étoffe sur laquelle dormait l'animal... Cela démontre l'importance des chats dans l'Islam.

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31 août 2011

Quelques photos de l'expo à La Maison Marie Immaculée

Jusqu'au 30 septembre donc, j'expose 17 photographies à la Maison Marie Immaculée, à Neufvilles près de Soignies (plus d'infos ici et ici).

Voici quelques photos des lieux

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L'exposition est visite à La Maison Marie Immaculée, Grand Chemin, 61 - 7063 Neufvilles.

Elle voyagera, ensuite, à l'Olivier, une autre maison de repos appartenant à la même asbl, Avenue des Statutaires, 46 - 1180 Bruxelles (Uccle) où elle sera visible du 1er au 31 octobre.

 

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29 août 2011

Jaunes Citrons

Citron confit 02

La première impression donnée par cette photo est celle d'un marché méditérranéen ou maghrebin mais non, il s'agit d'un étal du traditionnel marché dominical de Liège, La Batte. Ce qui témoigne à souhait de l'importance du cadrage en photographie... Le cadrage consiste, pour le photographe, à définir les limites du champ visuel, les limites de ce qu'il veut montrer au spectateur. Du cadrage large au close up (ou très gros plan), le champ visuel se rétrécit pour mettre en évidence une scène complète, une action, un portrait ou un détail. Au plus le cadrage est serré au plus le spectateur aura difficile d'identifier le contexte de la photo.

 

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25 août 2011

Istanbul, trait d'union entre l'Orient et l'Occident

27 siècles d'Histoire pour une ville aux confins de l'Europe et de l'Asie

istan

Cliquer sur l'image pour voir le montage photographique

 

 

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24 août 2011

Pour ceux que la vie a cassé...

001 Art Majeur

La Maison Marie Immaculée, à Neufvilles, est une très grande maison de retraite, dans laquelle il y a énormément de passage, plus de 300 résidents, plus de 300 membres du personnel, des visiteurs... Elle dispose également d'un département pour des gens accidentés de la route et autres accidents de la vie, des gens marqués dans leur chairs, qui ne sortent plus ou très peu. Alors pour eux, entre autres, voir des images de voyages, des paysages, des enfants, couleurs ou noir et blanc, ça les fait un peu voyager autre part... Il n'y a rien à gagner si ce n'est participer à un beau projet social avec l'équipe de la Maison Marie Immaculée. Alors j'ai foncé et accepté la demande d'Anne Bartholomé, ancienne acheteuse d'art, qui s'occupe désormais des projets à la Maison Marie Immaculée.

Expo Pour ceux que la vie à cassé
du 1er au 30 septembre
Maison Marie Immaculée
Grand Chemin 61
7063 Neufvilles

Infos : 0476/28.56.41

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